IDENTITÉ NATIONALE VERSUS IDENTITÉ RÉPUBLICAINE.
Le 26 août 2009, dans l’émission ça vous dérange, sur France inter, fut invité le ministre de l’immigration et de l’identité nationale, Eric Besson.
Celui-ci affirma en bon républicain que l’identité nationale était métissée : “La France a été une terre d’invasion, au départ, et ensuite une terre d’immigration. Ce qui fait que la France est par essence un peuple métissé »
Certes, comme disait l’historien Jacques Bainville, dans son histoire de France « Le peuple français est un composé. C’est mieux qu’une race. C’est une nation » nation tout de même forgée par les rois de France et le catholicisme. Du Vème au XIXème siècle, la population française est restée assez homogène ne comportant que des invasions germaniques, comme les francs, wisigoths, ostrogoths qui ne furent que de 5% de la population totale est très proche physiquement des gaulois. Puis au IXème siècle, les vikings se sont installés en Normandie et au pays basque. Ces peuples n’ont pas cherché à imposer leur culture, à demander de construire des temples pour leurs divinités païennes, non, ils se sont assimilés dans le cadre impérial romain ou carolingien et dans le catholicisme. Notons que ces vagues d’immigrations sont venus non dans un cadre national, mais impérial. A l’époque moderne quelques artistes, artisans ou commerçant flamands ou italiens sont venus en France, pour notre plus grande gloire. Ils avaient leurs quartiers et leur privilège et ce ne fut pas de vagues de millions, quelques centaines tout au plus. Tous furent européens. Demandez à Charles Martel ou Guillaume de Provence s’ils avaient ouvert leurs bras, aux Sarazins. De même, les pays dans la sphère catholique ont toujours rejeté les invasions étrangères à leur culture, comme les Sarazins, et en cas d’échecs ces peuples se convertissaient à la culture et religion dominante.
La sphère catholique n’était dans le temps pas du tout multiculturelle comme nous l’entendions actuellement. Mais il y régnait sans doute une plus grande diversité, de coutumes, de langues, de tradition, de statuts, de profession, de peuples unis à Rome la Catholique. Certes société peu tolérance, mais qui a su être multiséculaire et a donné la plus belle civilisation. Je doute que la notre dur aussi longtemps et donnent des si bons fruits.
La diversité actuelle est illusoire, jamais nous n’avons été aussi uniformisé, par la pensée, le mode vestimentaire, alimentaire, culturellement avec la star ac…
C’est à partir du XIXème siècle, quand la natalité bâtait de l’aile que les gouvernements successifs ont fait appel à la main d’œuvre étrangère : italiennes, grecs, russes, polonais, espagnols, portugais…
Sous la IIIème république, le gouvernement de Ferry a remis le droit du sol, non par humanisme et xénophilie, mais pour avoir beaucoup de citoyens à charcuter lors de la première guerre mondiale.
Je suppose qu’Eric Besson bon ministre de la Vème gueuse voit dans le général de Gaulle, un grand humaniste, tolérant et républicain qui s’est battu contre le nazisme, le racisme et l’antisémitisme un exemple à suivre, or celui-ci définissait la France, en ces termes : « La France est un pays de race blanche, de culture gréco-latine et de religion chrétienne »
Nulle trace de métissage et de religion républicaine.
Certes, les habitants des DOM-TOM ne sont pas blancs, mais ils ne constituent qu’une minorité.
Au cours de l’entretien, Eric Besson lâche le mot qui le vaccine contre tous présupposés fascistes à son égard : « notre identité nationale est une identité républicaine soit vous dites : la France c’est une terre d’identité chrétienne, ce qu’elle a été historiquement, soit vous dites, aujourd’hui elle est d’abord une terre d’identité républicaine : liberté, égalité, fraternité, respect du droit des minorités, égalité homme-femme, laïcité.”»
Ainsi, Eric Besson ferait de la jeune nation américaine âgée d’un peu plus de 200 ans, plus vieille que notre nation datant de 1500 ans. Exit les Clovis, les Hugues Capet, les Philippe Auguste, les Saint Louis, les Louis IX, les Henri IV et les Louis XIV…
Charles de Gaulle fut un peu plus subtile en dissociant la France et la République.
« La République est laïque, la France est chrétienne» La France est antérieure à la République, celle-ci n’est qu’une composante de la France, est loin d’être la meilleure.
Notre élite républicaine devrait avoir le courage de dresser le bilan désastreux de la république.
Visitez toutes les villes en France et les guides vous diront que tel monument a été détruit sous la Terreur. Visitez ces mêmes villes et vous verrez la marque du christianisme, des cathédrales, des églises, des baptistères qui furent construits bien souvent dans lieux sacrés des peuples anciens convertis. Ces mêmes villes ont été imprégnées par les rois, des places, des monuments, des forts…. La République a peu laissé de belles bâtisses. Au mieux, elle les a conservé et a installé ces élites de dans, comme nos anciens palais royaux, au pire, elle les a détruit. Comme disait le président Mitterrand à propos de l’identité nationale :
” Les capétiens sont la colonne vertébrale de notre histoire”
Force est de constater que si la France reste un peu debout, c’est qu’elle a une colonne vertébrale pas encore touchée, des vieilles instituions monarchiques font encore fonctionner la République..
Je ne parle pas du bilan désastreux militairement, avec trois défaites et trois occupations, dont la dernière en date marque les esprits. Bien sûr, ce n’est pas la faute de la IIIème république, de la chambre du front populaire et à Daladier mais à Vichy… comme ils disent…
Depuis que nous sommes en république, notre démographie est en chute, notre influence, notre économie, nos arts sont en déclin. Un régime d’occupation ne ferait pas mieux.
Si crispation identitaire, il y a c’est bel et bien du côté de l’identité républicaine.
Chacun a sa définition de sa république, cela va de la xénophobie révolutionnaire « A bas l’autrichienne » à la république métissée actuelle. Une simple burka est la république se sent menacé dans son identité. Contrairement à ce que Besson dit, son identité me semble bien fragile. Le journaliste Jean Daniel résume bien cela :
“La France, depuis qu’elle a réalisé son unité (miraculeuse, selon le mot de Fernand Braudel), a été progressivement conduite à se penser comme une entité faite de rites et de coutumes transformés en traditions, de souvenirs, d’affinités, et finalement de volontés et de projets, avec une même langue partagée sur un même territoire et un même art de vivre. Sous l’Ancien Régime, on ne se posait pas la question de savoir quelles étaient les valeurs du royaume et si l’on y adhérait : la religion et le roi maintenaient la cohésion du pays et l’homogénéité des désirs. A partir de la Révolution, en passant de la souveraineté de Dieu à la souveraineté du peuple, on a libéré l’individu de son groupe et on a donné au nouveau citoyen la possibilité de choisir son sentiment d’appartenance. Depuis, la France n’a cessé de se transformer selon les manifestations différentes de ce sentiment. Pour ce qui est de la composition des populations, lorsque la Révolution s’est donné comme mission l’universel et l’accueil de chacun dans la maison de tous, l’appartenance à une même nation, qui aurait dû être simple, est devenue plus complexe. A partir de ce moment-là se pose le problème de l’intégration à cette France.“ http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2238/articles/a355305.html
Il est assez paradoxal que nos républicains européistes n’inscrivent pas l’identité de la France, dans celle de l’Europe. La France est républicaine et c’est son identité pour eux. Soit. Mais tous les pays européens ne sont pas républicains, l’Angleterre a eu une mauvaise expérience de ce régime, la République espagnole a terminé en guerre civile, et des peuples comme les belges, les scandinaves n’ont jamais connu de république.
A la rigueur, Eric Besson pourrait inscrire la France dans une Europe démocratique. Mais le Japon serait-il donc européen avant la Pologne.
Si je pouvais donner une définition de l’Europe, elle se baserait sur Charlemagne. Tous les pays qui ont une dynastie descendant de Charlemagne, premier empereur européen, est européenne. Ce qui donnerait du Portugal des Bragance à la Russie des Romanov.
Oui, la France et l’Europe ont été construites par des familles royales et chrétiennes.
La Sainte Alliance basé sur le lien du sang et spirituel a plus maintenu la paix que le traité de Versailles de 1919 imposé par les démocrates.
Le déclin de l’Europe date sans doute de 1918, quand les démocraties occidentales ont gagné face aux vieilles monarchies et ont imposé un désordre européen basé sur le mythe de la souveraineté nationale.
« Adieu vieille Europe, que le diable t’emporte… »